Foi et Oeuvres Quel est le moteur de notre vie chrétienne ?
Dans le chapitre 3 de l’épître aux Galates, Paul interpelle avec force les chrétiens de Galatie — « Insensés ! » — et leur pose une question qui nous concerne tout autant : après avoir commencé votre vie chrétienne par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par vos propres forces ? Le problème des Galates n'était pas la manière dont ils avaient commencé leur chemin de vie chrétienne. Ils avaient écouté l'évangile avec foi, ils avaient reçu l'Esprit. Leur problème était la manière dont ils vivaient leur foi au quotidien. Et Paul met le doigt sur un danger très humain, celui de fonder l'assurance de notre acceptation par Dieu sur notre performance religieuse, la qualité de notre vie de prière, la fréquence de notre lecture de la Bible, la relative rareté de notre désobéissance. Martin Luther en a été un exemple extrême : une vie entière dédiée à Dieu mais caractérisée par l'angoisse, le légalisme et le découragement.
Face à ce problème, Paul ramène les Galates — et nous avec eux — jusqu'à Abraham, à qui Dieu a compté sa foi comme justice. Croire en Dieu comme Abraham, c'est le prendre au mot quand il dit : « En Christ, tu es déjà déclaré juste. » Car l'évangile n'est pas seulement une remise à zéro du compteur — si on s'arrête là, le moteur du mérite se remet en route. En Jésus, nous recevons bien plus : sa justice parfaite nous est créditée, comme un habit de fête qui remplace nos habits souillés. C'est ce que Luther appelait le « joyeux échange ». On peut vivre notre vie chrétienne en cherchant à gagner le cœur de Christ, ou on peut la vivre en se sachant déjà aimé par lui. Paul nous montre que ces deux vies sont radicalement différentes — l'une est déprimante, l'autre libératrice.
Cette prédication a été apportée par Scott G. le dimanche 8 mars 2026.